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Le village le plus pollué d'Ile-de-France enfin ausculté
Depuis des années, la pollution fait peur à Champlan. De rapports en études atmosphériques, le village a récolté malgré lui le titre de commune la plus polluée de la région.
Par Grégory Plouviez
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| CHAMPLAN, HIER. Avions, voitures, camions, industries, lignes à haute tension... toutes ces sources de nuisances concentrées dans ce village vont être examinées pour la première fois à la loupe par des organismes officiels. (LP/ALAIN AUBOIROUX.) |
Au-dessus de la mairie, un avion déchire le ciel dans un bruit d'orage tonitruant. Malgré le brouillard de ce vendredi frigorifique, le passant peut lire sans difficulté le nom de la compagnie de cet engin qui vole si bas. A moins de trois cents mètres de là, des milliers de voitures roulent pare-chocs contre pare-chocs. Bienvenue à Champlan, village de 2 500 âmes au charme encore rural mais coincé entre Orly, la A 6, la A 10 et la N 188. Tous les jours, 500 avions et 520 000 véhicules passent par ce secteur où l'on recense aussi deux usines d'incinération, des zones industrielles, des lignes à haute tension... Les riverains sont-ils menacés ? Depuis la fin de semaine dernière, la question est au centre d'une vaste étude environnementale et sanitaire unique en France (lire encadré). Vendredi, à la sous-préfecture de Palaiseau, une réunion rassemblant tous les organismes partenaires a officiellement lancé ce chantier révolutionnaire. Depuis des années, la pollution fait peur à Champlan. De rapports en études atmosphériques, le village a récolté malgré lui le titre de commune la plus polluée de la région. L'air y serait même 6 % plus pollué qu'à Paris. « Pas sûr que les villes voisines soient mieux loties que nous, relativise le maire, Marc Loué. En tout cas, on vit normalement ici : nos anciens ne meurent pas plus tôt et nous continuons à avoir beaucoup de naissances. » Malgré tout, l'élu est partisan d'une étude qui mettrait « tout à plat » et dévoilerait l'impact réel de la pollution sur la population. « Enfin, on prend en compte notre situation particulière ! » se réjouit-il. L'idée de placer durant au moins six mois Champlan sous le microscope d'organismes scientifiques remonte au début de 2005. Après des mois de tractations, la députée (UMP) de la circonscription, Nathalie Kosciusko-Morizet , obtient un feu vert des services de l'Etat, qui souffraient jusque-là de la « peur de faire peur ». « En fonction des résultats, on pourra obtenir plus facilement des financements pour des actions concrètes, comme l'enfouissement des lignes à haute tension, par exemple », plaide l'élue, spécialiste des questions environnementales à l'UMP. « Enfouissement des lignes à haute tension » Au bar le Village Café, chacun a ses anecdotes. L'ancienne propriétaire se souvient de ses vasistas maculés de suie. De ses tables qui, le lundi matin, étaient couvertes d'une fine couche de poussière venant des usines du coin. Et de son fils « qui avait toujours mal à la gorge ». Derrière le comptoir, Cédric, la trentaine, sert des cafés à tour de bras. « Moi, je n'ai jamais rien eu », assure cet enfant de Champlan. En face de lui, Mickaël, 28 ans : « J'ai bien eu des allergies, mais ce n'est sûrement pas dû à la pollution. » Lui se fiche de l'étiquette de sa ville, « la plus belle », claironne-t-il. « Plus on dit que c'est pollué, plus les prix vont baisser et je vais peut-être trouver quelque chose à acheter », rigole-t-il. Les avions, les usines d'incinération, les pots d'échappement... « Pfff... Champlan, c'est surtout la campagne à dix minutes de Paris. Ici, on peut se garer, se promener, c'est tranquille ! » Grégory Plouviez
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