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Le projet de parking géant tombe à l'eau
Il était question d'une extension de quinze hectares, puis de quatre et finalement - pschitt ! - plus rien.
La rumeur qui furetait, ces derniers jours, dans les rues de Janvry, de Briis-sous-Forges et de Limours s'est confirmée en début de semaine : le projet de parking géant, sur la A 10, tombe à l'eau. Pour la plus grande joie des riverains qui craignaient des nuisances sonores et une pollution environnementale. «Il n'y aura pas d'extension, mais une étude en vue de réaménager le parking existant», confirmait, lundi soir, le cabinet du préfet. Dernière station-service avant Paris, l'aire de Janvry-Briis-Limours possède aujourd'hui 176 places pour accueillir des poids lourds immatriculés dans toute l'Europe. Systématiquement saturé le soir, la société Cofiroute, qui gère cette portion d'autoroute A 10, planchait depuis deux ans sur son agrandissement. Dans un premier temps, elle évoquait la création de plus de 400 places. «Nous allions devenir un véritable aspirateur à camions» Tollé général chez les élus, choqués par cette "folie des grandeurs». «Nous allions devenir un véritable aspirateur à camions», lâche Bernard Véra, le sénateur-maire PC de Briis. Cofiroute présente une nouvelle version qui ne prévoit «que» 170 emplacements supplémentaires. Les associations de riverains planchent sur le dossier, passent des heures à compter les camions, à étudier les modalités techniques afin d'alimenter un épais dossier qui - à leurs yeux - prouve que cet agrandissement n'est pas nécessaire. «Il faut équiper les aires voisines - qui sont vides ! - de douches et de sanitaires pour désengorger notre station-service», estime Christian Schoettl, le maire (non-inscrit) de Janvry. Cerise sur le gâteau : l'élu finance des études sur les eaux usées de la station-service, qui révèle une pollution, notamment à l'azote et au phosphore, reversée dans la nature. La députée UMP de la circonscription, Nathalie Kosciusko-Morizet ,obtient du ministre, Dominique Perben, l'enterrement du projet. «Non seulement l'agrandissement n'aura pas lieu, mais en plus Cofiroute devra sans tarder remettre l'aire aux normes», se réjouit l'élue. «Dans ce dossier, on a essayé de nous faire culpabiliser en mettant en avant les problèmes de sécurité liés à l'insuffisance de places aujourd'hui, rapporte Jean-Raymond Hugonet, le maire UDF de Limours. Mais ce projet démesuré n'était tout simplement pas la bonne solution.» Quant à Cofiroute, elle se contentait, lundi soir, de déclarer qu'elle «suivrait les instructions de l'Etat». Par Grégory Plouviez D'un côté, il y a Loïc, Frédéric, Sergio... De l'autre, Max, Sylviane et les autres. Les premiers sont chauffeurs routiers et stationnaient, hier soir, sur la A 10 à hauteur de Limours. Les seconds sont habitants de Mulleron, petit hameau de Janvry, où les vieilles maisons en pierre sont quasiment toutes recouvertes de banderoles hostiles au projet d'agrandissement du parking pour poids lourds. Entre ces deux mondes, à peine 500 m. Et pas mal d'incompréhension. «Passé 19 heures, pour se garer, c'est quasiment impossible», grimace Loïc. Ce chauffeur, originaire de Rennes (Ille-et-Vilaine), plaide pour la construction de places supplémentaires tout le long de l'autoroute A 10. «Parce que sinon on doit continuer et on risque des amendes quand on ne s'arrête pas à temps.» «Certains ne s'embêtent pas et se garent sur les bandes d'arrêt d'urgence», poursuit Frédéric, routier de Quimper (Finistère). A Mulleron, Max et Sylviane restent vigilants, malgré l'abandon du projet d'extension. Il y a quatorze ans, quand ils ont acheté dans ce joli village, ils voyaient à peine l'autoroute. Aujourd'hui, on aperçoit les lumières du parking depuis le jardin. Si le projet était passé, ils auraient presque pu lire la plaque d'immatriculation des poids lourds... Alors, ils ont participé au mouvement. «On pensait qu'avec les pylônes électriques, la ligne TGV et l'autoroute, notre hameau avait son compte», sourit Sylviane. Ce qui l'inquiète le plus, c'est la pollution générée par le parking. «Avant de le réaménager comme c'est prévu, on souhaite d'abord avoir des études d'impact sur l'air.» G.P.
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